12/03/2008

Amour : la preuve par trois

possible loves
Possible loves, comédie sentimentale de Sandra Werneck, tous, 2001, *** Moqueur

Carlos attend Julia au cinéma. L'attente est longue. Il se laisse aller  à une rêverie sur sa vie amoureuse future... À quoi pourrait-elle ressembler 15 ans plus tard ?

Première possibilité : avocat propret, mais frustré, Carlos est marié à une femme qu'il n'aime pas et ne cesse de penser à Julia.

Deuxième possibilité : Fraîchement divorcé de Julia, Carlos s'est réfugié dans les bras de Pedro et rend sporadiquement visite à son fiston de huit ans.

Troisième possibilité : Carlos vit dans le giron de sa mère et multiplie les conquêtes sans lendemain dans sa recherche de la femme idéale.

Une seule de ces histoires est la sienne...

Possible loves fourmille de petites merveilles d'inventivité dans une narration qui nous fait penser à Un jour sans fin, dans sa répétition.

Sandra Werneck filme plusieurs 'possibles' d'êtres humains ordinaires, ni particulièrement heureux ni désespérés. Par l'introduction de personnages satellites au couple central, la réalisatrice rend compte avec humour et tendresse de la peur de l'humain de traverser la vie seul, mais aussi de son égocentrisme forcené et paradoxalement vital. Aussi la mère de Carlos qui, paniquée à l'idée qu'il ne quitte son giron vit avec son fils une hilarante relation œdipienne, n'hésite-t-elle pas à le laisser tomber le jour où elle retrouve l'amour.

On lui pardonnera car Werneck nous tend adroitement le miroir de nos propres interrogations, et, partant, réussit l'incroyable tour de force de ne jamais nous poser en juge des histoires qu'elle nous conte avec humanité et un incontestable talent.

Chacun des trois récits - notre préférence se portera sur le moins correct d'entre eux : une relation homosexuelle belle dans ses regards, sa pudeur, jusque dans sa brisure même, dont l'émouvante simplicité rendue avec sobriété et grâce par deux formidables acteurs aux antipodes de la folle attitude, est une caresse chaude sur nos âmes - tient admirablement la route, jusqu'à un final savoureux, entre illusion et réalité.

Il serait criminel de ne pas citer Carolina Ferraz, tout simplement 'bluffante' dans son premier (et triple !) grand rôle au cinéma. Belle, drôle, triste, ivre, blessée, sensuelle, colérique... à l'image d'une grande comédie sentimentale qui donne furieusement envie d'exister.

Thierry Van Wayenbergh

20:18 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Ciné-découvertes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : werneck, amour, comedie sentimentale |  Facebook |