12/08/2008

Questionnaire cinématographique

Je relaie ici mon excellent collègue blogueur Ludovic Maubreuil de Cinématique pour répondre également à un 'questionnaire cinéma' très classique soumis par quelques cinéphiles du Net.

Disons-le tout net: je déteste profondément les classements cinématographiques, quels qu'ils soient. Pour la simple et bonne raison qu'il n'ont pas de sens. Mais pour une fois, je me résous à participer à ce genre de petit jeu (sans conséquence?). Tout en sachant que cela correspondra à un temps ''a'', qui dans une heure plus mélancolique ou colérique, aura été complètement bouleversé.

Un film : Voyage au bout de l'enfer de Cimino

Un réalisateur : le génie d'un seul film sublime, Charles Laughton

Une histoire d'amour : Rett Butler et Scarlett O'Hara

Un sourire : tous ceux de Steve McQueen

Un acteur : le protéiforme Dustin Hoffman de Little big man (et de tous ses grands films)

Une actrice : Vivien Leigh, fragile Blanche Dubois du Tramway...

Un générique : celui de fin d'Apocalypse now, parce qu'il prolonge mon doux malaise

Une scène-clé : l'attente muette de l'Homme à l'harmonica sur un quai de gare désert

Un gâchis : la mort de River Phoenix

Un monstre : Peter Sellers dans
Lolita

Un torrent de larmes : Jim tenant Plato mort dans ses bras (La fureur de vivre)

Une révélation : Déborah François dans La tourneuse de pages (je n'avais plus connu ça depuis Bonnaire)

Un traumatisme : mon premier "Dewaere", vu à la dérobée à... 9 ans. C'était Préparez vos mouchoirs. Son regard m'a fait pressentir sa mort. J'ai été irrémédiablement attiré.

Un choc plastique en couleurs : Blade runner, une architecture torturée que je n'ai retrouvée qu'à Bangkok.

Un choc plastique en N & B : The Barber, des frères Coen.

Un choc tout court : le regard halluciné de Klaus Kinski dans
Aguirre...

Un artiste sous-estimé : Steven Spielberg, magnifique portraitiste de la famille en ruines.

Un somnifère : mais alors très puissant : La question humaine, de Klotz

Un gag : Keaton, gag-man absolu

Un fou-rire : les bains turcs avec "Big Moustache"

Un fantasme : avoir connu Gene Tierney

Une découverte récente : la mélancolie douce du Premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon

Une bande son : celle de l'envoûtant Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, par Nick Cave et Warren Ellis

Un artiste surestimé : Matthieu Amalric (sa diction traînante est épouvantable)

Un frisson : la petite fille qui prépare des 'fixes' pour son père (immense Jeff Bridges) dans l'obsédant Tideland de Gilliam

Un rêve : Le magicien d'Oz

Un baiser : celui que je n'ai pas encore donné à Virginie Ledoyen. Je lui ai pourtant dit : "S'il vous plaît".

Un plan séquence : le faux plan séquence sans coupe de La corde. On s'en fiche, au cinéma, comme dans l'existence, tout est faux.

Un plan tout court : le plan "vide" - entre ombre et lumière - de La féline (Tourneur) hanté par des bruits de pas qui terrorisent Simone Simon.

Une scène d'amour : Zabou qui tente de récupérer le dernier souffle de Gamblin dans
Le premier jour du reste de ta vie

Une rencontre d'acteur: Philippe Léotard au Festival du Film de Bruxelles en 96. Je n'avais rien trouvé d'autre à lui dire que : "Je suis content de rencontrer une vraie gueule du cinéma français". Ce à quoi il avait rétorqué, sourire tendre en coin : "Et toi, t'as vu ta gueule?!". Avant de repartir clopin-clopant vers le bar pour s'enfoncer un peu plus dans de rassurantes vapeurs d'alcool. Un des plus grands moments de mon existence.

Une mort : Joe Buck dont le rêve d'une autre vie se prolonge en une petite mort dans Macadam cow-boy.

T.V.W.

22:22 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : si j etais |  Facebook |