16/06/2007

Pleins feux sur Darroussin

Feux rouges

Feux rouges, drame psychologique, 2004, AGA, *

 

L'été à Paris. Un week-end rouge sur les routes de France. Assis dans un bar-tabac, Antoine attend avec impatience sa femme Hélène pour partir chercher les enfants en colonie de vacances dans le Sud. Hélène est en retard. Il boit. Une fois sur la route, la chaleur et les embouteillages font monter le ton dans la voiture. Excédé, Antoine quitte l'autoroute et entre dans un bar. Grisé par l'alcool, il conduit dangereusement. Le couple se dispute violemment. Hélène claque la porte et décide de partir à pied, seule dans la nuit...

Feux rouges 1

Cédric Kahn adapte librement un roman de Simenon, Feux rouges, où un couple, au départ d'une banale incompréhension, glisse imperceptiblement dans un engrenage fatal.

Metteur en scène de talent, c'est à petite dose que le Français installe dans son film l'atmosphère plombée chère au père de Maigret, du moins esthétiquement parlant. Les figures sont graves, l'ambiance est oppressante. L'admirable séquence d'ouverture sur la Défense fait penser aux décors de Playtime, de Tati. Un souffle d'irréalité pèse sur l'image...

 

Mais le film démarre bien après que Darroussin a fait tourner la clé de contact de sa Rover.

Feux rouges2

Le moteur tressautait pourtant dès l'entame, avec la dispute du couple au bord de la crise de nerfs, sur une musique de Debussy. Seulement, rien à faire, désolé pour Carole, ça tourne dès que Darroussin se retrouve, avec pour seule compagne de route, sa dérive alcoolisée. Et le pauvre bougre à la triste mine est vite dépassé par les événements : les néons clignotent, cette salope de tentation fait des appels de phares gros comme ça, jusque sur les petites nationales. Impossible, même pour le plus honnête homme, de résister. Les tripots défilent, les bières et les whiskies aussi.

Le réalisateur se centre exclusivement sur la dérive de son anti-héros. Tout le reste est entité, vue d’esprit. L’histoire elle-même n’existe pas. Ou à peine ébauchée. Mais il y a bien trop de non-dits, d’incohérences, et la fin, que l’on ne dévoilera pas, trahit scandaleusement la vision cynique de l’auteur liégeois. 

S’il n’y avait l’excellence de jeu de Darroussin, on croirait à une pub pour la gendarmerie nationale sur les méfaits de l’alcool au volant.

Sinon, circulez, il n’y a rien (d’autre) à voir !

 

Thierry Van Wayenbergh

 

13:11 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Promesses non tenues | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |