19/10/2007

BHL chez Durand/Bon anniversaire, maman !

sarkoségo
   Ce n'est pas que je sois un ayatollah de l'écologie à tout prix... je suis bien pire que les "Khmers verts", comme les nomme affectueusement mon ami de Ciné-Cure.

D'où mon dégoût général et toujours plus prononcé de cette excroissance sur Terre, là... comment déjà ? Ah, oui ! l'espèce humaine. Seulement comme j'ai eu la prétention, la bêtise, mais surtout l'envie sincère et folle d'en ajouter deux exemplaires (d'êtres humains, donc), je me vois très mal, moi qui me gausse de "pouvoir me regarder sans honte dans mon miroir", me faire portraiturer par Yves Paccalet comme dans cet exrait joliment provocateur de L'humanité disparaîtra... bon débarras!  : «Je me déclare solennellement et définitivement irresponsable. Je profite de la civilisation, je gaspille, je saccage, je pollue, je détruis la biosphère, et après moi le chaos. Les autres (nos enfants) trouveront bien des solutions !» 
Je ne pourrais supporter de leur laisser sans broncher notre merde sur les bras. Et je crois que tout parent digne de ce nom doit connaître les mêmes affres existentielles.

Mon seul espoir réside à présent dans les "petits cons". Parce que les « grands cons » sont vraiment trop cons et totalement irrécupérables. Pour les éviter, faudrait que je ne sorte plus de chez moi. Mais, rien à faire, ils sont dans ma télé, mes magazines, mes journaux, s'insinuent dans ma boîte aux lettres, je me demande s'ils n'ont pas phagocyté certains de mes proches, de mes amis, comme dans L'Invasion des profanateurs de sépultures de Siegel... c'est terrible, c'est une infection redoutable. Bien pire que ma grippe qui n'est pourtant franchement pas une sinécure. Les pires, ce sont les politiques. Quoique, finalement, le "citoyen lambda" est franchement bas de la casquette !

C'est pour ça que j'aime tant mon travail d'éducateur auprès de ces "petits cons" d'ados, dont certains, paix à leur âme! sont déjà des "grands cons" dans de petits corps malingres pas encore formés et risquent de le demeurer : forcément, leurs idées sont déjà tellement arrêtées ! Et donc peut-être déjà "foutus", sans vrais rêves ou illusions. Sans combats. Déjà un peu morts comme une bonne majorité de gens persuadés d'être encore vivants !  

Ce qui m'a donné quelque espoir hier, et pourtant je n'attendais plus ça de lui, c'est de voir que BHL (pas BHV, hein, ça c'est de la politicommerciale belge) avait repris sa tête de "petit con", humble, intelligent, touchant même, dans sa défense de Ségolène Royal chez Durand (c'était une rediffusion tard dans la nuit d’Esprits libres). Vilipendé sur papier par un Chevènement aigri dans la défaite, titillé par son ami Alain Minc, détourné par son ex-mentor Philippe Tesson (de bouteille, maintenant, sûr que ça sent le goulot!), Bernard n'a pas bronché, et a tracé sa route - la défense d'une victime face à une meute -, très digne, s'en prenant toutefois au passage avec véhémence à José Bové qu'il trouve très... bovin au niveau de la réflexion.

Bien sûr, je ne partage pas son avis au sujet de Besancenot. Bien sûr, son arrogance m'a toujours fait sortir de mes gonds, et l'a surtout déforcé plutôt que grandi à mes yeux. Mais hier soir, je me suis trouvé face à un "petit con" d'intellectuel qui ne prenait pas les gens pour des "grands cons"... et ça m'a fait du bien.

Bonne journée… et pensez à vos « petits cons » !!

Thierry 

PS : Même si la vie est du cinéma - et inversement ! - , je vous fiche mon billet que le prochain... billet sera enfin consacré au seul et vrai 7e art.  

13:41 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bhl, durand |  Facebook |

03/04/2007

Belle des chants

Ultra_orange_Emmanuelle

Nous le savons, il est de bon ton de dire qu'en France et en Belgique, nous avons la mauvaise habitude de ne pas cultiver le mélange des genres, de regarder d'un oeil amusé, quand il n'est pas carrément suspicieux, un artiste s'exprimer hors de son terrain de jeu. Seulement, au contraire des artistes anglo-saxons, multifacettes par culture, les francophones nous ont rarement démontré l'inexactitude d'une telle description liminaire de leur art. 

C'est que chez ces gens-là, Monsieur, on ne chante pas, on ânonne. On ne vit pas son refrain, on le mâchonne. On a le sourire poli, mais le regard vide. On remet sa mèche, on sourit encore et on pose. Mais d'une façon curieusement désincarnée. C'est ça, le paradoxe moderne de l'acteur.

Avez-vous remarqué à quel point les comédiens étaient de mauvais interprètes de leurs chansons ? Bien entendu, les exceptions confirment toujours la règle, mais elles ne se bousculent pas au portillon. Elles s'appellent Jeanne Balibar (Paramour), ou Gérard Darmon lorsqu'il reprend avec un plaisir complice des standards de Charles Aznavour dans le film Emmenez-moi, et ont bien compris que rien ne se démode davantage que les modes.

Ainsi donc, la belle Emmanuelle Seigner a décidé (trompée, peut-être, par cet amant volage et volatile qu'est le cinéma ?) de rejoindre la cohorte des actrices qui, quand elles n'ont rien à dire se mettent à chanter...

Le devoir journalistique nous pousse à vous apprendre que le disque est dans les bacs depuis le 26 mars. Pochette rosâtre. Simple. Emmanuelle (à gauche sur la photo) a rejoint pour l'occasion Pierre Emery et sa compagne Gil Lesage du groupe Ultra Orange. Les arrangements sont composés par le mixeur de Lou Reed. Ce qui ne veut rien dire. Parce que chez ces gens-là, Madame, ça s'appelle des arguments de vente. Et ça marche : les grands médias hexagonaux saluent tous l'exploit, comparant le filet vocal de la belle à un mélange délicieux de Françoise Hardy et Debbie Harry mâtiné de Velvet !

Mine boudeuse et dégaine de petite fille qui veut assurer, Emmanuelle chante gentiment dans le micro, la voix hasardeuse, sauvée par l'épure des riffs de basse d'Emery et le souvenir evanescent de l'actrice troublante qu'elle fut.

 

Thierry Van Wayenbergh

 

 

17:37 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |