11/11/2008

La solitude du spectateur, au moment de sauter dans le vide

19008609_w434_h_q80

Cinéaste autodidacte de l’immigration (Au-delà de Gibraltar), Barman, délaisse ses marottes socio-culturelles pour une histoire fictionnelle : celle d’une famille ordinaire qui dérape. Un coup de feu. Ça commence bien. Riaboukine ouvre péniblement la porte de son 4x4. Son fils fait semblant d’aller à l’école. L’acteur ouvre la porte de son appartement en expirant très fort. Il va chercher des clopes. Referme à bout de souffle la porte de son véhicule. On  ne voit pas le temps passer. Et en effet, il ne passe pas. Ça dure une éternité. Combien de portes Riaboukine a-t-il déjà ouvertes en soufflant ? On était à 23. Mais la joie de vivre communicative de sa Mona Lisa de femme  a interrompu le décompte. Fichtre! Dire qu’on avait trouvé de quoi s’occuper. Une voiture tourne. Quatre têtes à claques à l’intérieur. Dont le fils, Laurent, qui n’a toujours pas l’air d’aimer l’école. Ils viennent de faire un gros coup : taguer un compartiment de train à l’abandon. Un peu d’action : un des vilains tagueurs, le plus bronzé, est plaqué au sol par quatre flics armés jusqu’aux dents. Bande de salauds! T’avais qu’à pas jouer de ta bombe noire, terroriste ! C’est une astuce pour nous détourner de l’histoire principale. C'est sûr. C’est quoi encore ? Il n’y a pas eu un coup de feu au début ? On ne sait plus, les acteurs non plus d’ailleurs. Quelle importance?

T.V.W.

19:07 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Échappements libres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.