15/09/2008

Passage de témoin

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Olivier Assayas est sans doute le moins français des réalisateurs hexagonaux. Ainsi, après quelques errements (Demonlover) teintés de science-fi, le cinéaste renoue avec un cinéma moins poseur et livre avec L’Heure d’été le plus taïwanais de ses films. Sa caméra effleure plus qu’elle ne pénètre le quotidien de la famille Berthier, apparemment unie, jusqu’à la mort soudaine de la mère. Assayas trace avec une émotion retenue la relation entre deux frères et une sœur encombrés par leurs souvenirs, et pire pour le plus jeune des frères, par le poids de ces derniers : que faire en effet de la grande bâtisse familiale et toutes les œuvres d’un grand oncle artiste consignées par la défunte comme on conserve des lettres d’amour?

Subtil, raffiné, voilé d’une délicate poésie impressionniste, le tableau d’Assayas ne manque assurément pas d’âme, mais abandonne parfois ses personnages à leur représentation. S’alourdit aussi de quelques scènes inutiles.

C’est ailleurs que le film nous fait vibrer. Par l’intelligence de son rapport au temps, la pertinence de son questionnement sur la place de l’art, sa nécessité même. Mais avant tout par sa façon personnelle de nous dire que si l’on n’apprend pas à gérer notre passé, on ratera le train d’un monde moderne en perpétuel mouvement.

 TVW

09:05 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |