22/04/2008

Les amants du métro

Souviens-toi, l’été dernier... Notre brève rencontre. L’histoire d’un homme et une femme, sans chabadabadas. Il devait être minuit dans les jardins du bien et du mal quand le dernier métro, majestueux et arrogant fit une entrée fracassante dans un bruit furieux de tôles froissées. Sa lumière métallique et le soleil vert des néons nous firent entrevoir la matrice d’un monde à part. Nous errions quelque part dans le temps. Là, le trou. Les couloirs du temps nous emportèrent à un train d’enfer jusqu’au bout du monde. J’avais pris ta rame et le chaudron magique avait produit bien davantage que l’effet escompté.

« Madame De... ? », te fis-je, passant soudain de docteur Jekyll à Mister Hyde. « Mon nom est personne, laissez là votre grande illusion et... ». Tu n’eus pas le temps de poursuivre. D’une simple pression, je te précipitai avec moi dans le vide. Le grand saut.

Nous serions pour un soir ou une vie les mariés de l’An II, les premiers Roméo et Juliette des premières années cybernétiques de l’amour. La lumière métallique et le soleil vert. Nos deux corps vierges endormis sur la voie, recouverts d’un écran blanc, baignant dans la résolution optimale d’un 17 pouces à cristaux liquides.

N’était-ce pas là le fin du fin ?Pouvoir se suicider sans douleur. Mieux encore, sans mourir.D’une simple pression sur le bouton “DELETE”.

Lara, je t’aime.   

Thierry V.W.

17:22 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Échappements libres | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je sens que c'est du vécu (enfin j'espère pas la fin). Très belle déclaration d'amour.

Écrit par : dasola | 24/04/2008

Ce texte ressemble étrangemant à un de mes moments de rêve; sauf que j'étais seule. L'idée d'un suicide mais juste être mort un bref instant; et revenir. Le sensation que cette fin égoïste m'apporterait un trouble voluptueux.

Écrit par : Lila Boom | 05/10/2008

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