23/03/2008

Tout conte fait...

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Les Frères Grimm, ados, 2005, * Perplexe

Le XIXe siècle. Conteurs itinérants, les frères Grimm sont surtout connus à travers les campagnes pour leur capacité à faire fuir les esprits maléfiques qui épouvantent les villages. Mais après avoir été condamnés pour escroquerie - les monstres diaboliques qu'ils combattaient n'étaient qu'une impressionnante mise en scène destinée à abuser des paysans naïfs - les voilà obligés de se rendre à Marbauden, un hameau qui vit dans la terreur depuis l'enlèvement mystérieux de plusieurs fillettes. Cette fois, l'enjeu est tout autre, et ils vont l'apprendre à leurs dépens.

Entreprise ardue pour les critiques de cinéma que celle d'exercer leur art sur Les Frères Grimm d'un Terry Gilliam visiblement condamné à combattre les moulins à vent depuis le désastre de son film inachevé, L'Homme qui tua Don Quichotte (il se rattrapera avec un formidable Tideland dont nous reparlerons plus tard).

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                               Terry Gilliam, Heath Ledger et Matt Damon

Car ces moulins n'ont rien à voir cette fois avec les pluies diluviennes qui ensevelirent le plateau du film-catastrophe précité. Ils sont d'un tout autre acabit, se dissimulent dans des costards-cravate sombres et ne parlent que le langage des chiffres. Ils, ce sont les fossoyeurs de la créativité, qui déjà firent mettre le genou à terre à Tim Burton dans son adaptation ratée de La Planète des singes. Ils, ce sont encore ces êtres sans émotion, clonés pour... reproduire ad vitam le même film. De vulgaires recycleurs programmés par la Matrice qui pensent comme Patrick Le Lay  de TF1 que « les films doivent créer ce temps de cerveau humain disponible pour la publicité ». Ils nous connectent à la Matrice et nous devenons écran-pub. Nous finissons par nous consommer nous-mêmes !

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Les Frères Grimm est arrivé précédé d'une réputation nébuleuse : ils auraient fait pression sur le réalisateur génial de Brazil pour le faire rentrer dans les rangs, et, sonné par son échec précédent, Terry n'a pas tenu un round. Ils lui ont pris son film et en ont confisqué le montage pour le confier à une armada de types connectés à des ordinateurs qui décryptent et créent nos envies. Censé téléscoper fantasmes des contes et illusions de la réalité, Les Frères Grimm ressemble à un jeu vidéo gonflé jusqu'à la gueule, où l'on croise pêle-mêle Hansel et Gretel, le Petit Chaperon Rouge, la Belle au Bois dormant, agités par un joystick fou qui propulse dans un brouhaha démentiel le jouteur au plancher supérieur du jeu. In fine, il faut exploser la face de la marâtre qui ressemble à la femme de Vincent Cassel, au terme d'une course effrénée dans une forêt magique.

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Vous n'y comprenez rien ? Nous non plus. Tout ce qu'ils nous demandent, c'est de jouer pendant qu'ils s'occupent de notre avenir. Cette fois, ils ont pris l'apparence de Terry Gilliam. Ne vous y fiez pas : il s'agit d'une impressionnante mise en scène destinée à nous abuser.

Thierry Van Wayenbergh

12:04 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Promesses non tenues | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : terry gilliam, grimm, mercantile |  Facebook |

Commentaires

C'est surtout à votre article que nous ne comprenons rien du tout!... Tout ce que nous avons compris, c'est que vous maîtrisez à merveille la 3e personne du pluriel et l'italique, mais pour le reste, il (sans italique) nous faudrait un mode d'emploi, ainsi que l'endroit où vous avez caché la note de bas-de-page à laquelle renvoie en principe l'astérisque que vous mentionnez à côté de votre titre...

Écrit par : Hans Christian Andersen | 27/03/2008

Cher Hans,
Il ne s'agit pas d'un astérisque mais d'une étoile indiquant la cotation du film que ce monsieur Van Wayenbergh tente de décrire dans son salmigondis verbieux assez ampoulé il est vrai...

Écrit par : Charlotte Bronte | 27/03/2008

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