05/03/2008

La Madonna des sleeping movies

swept away
À la dérive, G. Ritchie, 2002, tous, 0 Triste 

Riche et belle, Amber passe ses vacances sur un yacht de luxe, en compagnie de son homme et de deux couples d'amis. Mais elle s'ennuie et pour tuer le temps, s'adonne à son jeu favori : faire tourner en bourrique le petit personnel de bord, qu'elle méprise avec une rare méchanceté. Un jour, à la suite d'une intempérie, Amber et Pepe, son souffre-douleur préféré, se retrouvent coincés sur une île déserte.

Guy Ritchie, le mari de Madonna (ceci explique sans doute cela) adapte le film Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'été, lui-même inspiré de la pièce L'Admirable Crichton, du papa de Peter Pan, James M. Barrie. Tous deux, jolies paraboles sur la richesse et la pauvreté.

Avec une imagerie ringarde façon Lagon bleu et des acteurs aux insupportables mimiques de mauvaise commedia dell'arte, voilà ce que le réalisateur britannique en a fait...

Pince-me et Pince-moi sont sur un bateau en partance pour les îles grecques. Pince-me est une Ricaine friquée, arrogante, méchante et malheureuse comme le capitalisme. Elle a investi un rafiot avec ses cons patriotes : son mari plein aux as, une copine qui n'arrête pas de se repoudrer le nez à la coke light, deux autres insipides et une petite blonde qui n'a pas inventé l'eau chaude. Pince-moi est un gentil pêcheur italien vaguement communiste, engagé comme souffre-douleur à tout faire pour satisfaire, avant tout, les moindres exigences de cette sale bique de Pince-me qui l'a pris en grippe.

Par un extraordinaire coup du sort, Pince-me et Pince-moi tombent à l'eau. Qui reste-t-il ? Pince-me et Pince-moi, tout seuls, sur une île déserte.

Vous l'aurez compris sans dessin, c'est l'occasion rêvée pour Pince-moi d'envoyer un bon coup de botte italienne dans le derrière impérialiste de la madone ricaine pourrie gâtée, et lui montrer, enfin, qui est l'homme ici, nom de nom !

Inversion des rôles donc, c'est à la richarde de trinquer. Mais Pince-moi a les yeux couleur de l'océan agité, et Pince-me n'arrête pas de se trimballer dans un deux-pièces noir, minimaliste comme l'histoire. La ''ratatouille'' devient chatouilles et papouilles dans les clapotis de l'eau, tandis que le spectateur, pour qui la croisière ne s'amuse pas du tout, a depuis longtemps largué les amarres pour se retrouver loin, très loin... à la dérive.

Thierry Van Wayenbergh

 

23:33 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Échappements libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : madonna, derive, ritchie, navet |  Facebook |

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