01/03/2008

La fille de ses rêves

reconst
Reconstruction, 2003, AGA, ** 

Photographe, Alex croise le regard d'Aimée dans le métro de Copenhague. C'est le coup de foudre. Délaissant sa petite amie Simone, il se met à suivre cette parfaite inconnue qu'il est persuadé avoir rencontrée en rêve. Le soir même, Alex et Aimée s'abandonnent l'un à l'autre. Mais le lendemain, c'est le cauchemar : Simone, ses amis, son propre père, plus personne ne reconnaît Alex ! Il n'a plus rien, plus d'identité...

Christofer Boe nous invite à un voyage singulier, et pourtant des plus banals, la genèse de la rencontre amoureuse.

Comment, en tant que cinéaste, écrire une page originale sur le coup de foudre ? Tout a été dit, fait, montré.

Plutôt roublard, le jeune réalisateur danois, qui connaît le langage cinématographique sur le bout de la pellicule, choisit, en s'appropriant des idées de ses maîtres à filmer comme Antonioni, de nous emmener aux confins du fantastique. Qui sont véritablement Simone, Alex, August et Aimée ? Des personnages d'une histoire amoureuse en train de s'écrire ? La matérialisation même de ce sentiment amoureux ? August, l'écrivain, décrit-il l'adultère d'Aimée ? On ne le saura jamais. Libre à chacun de nous de donner sa réponse.

Boe s'amuse à brouiller les pistes. D'abord avec avec un personnage en voix off qui nous entraîne dans "un espace de jeu et d'illusion, où tout n'est que cinéma... reconstruction". Ensuite justement par l'emploi d'un maximum d'artifices de l'art des frères Lumière : en manipulant avec une précision machiavélique ses personnages, la bande sonore et l'image, qui se distord, passe au grain vidéo et s'étire dans une palette de couleurs bleutées, Boe nous laisse constamment sur le fil du rêve et de la réalité. Avec quel style !

Il en fait parfois trop, et son procédé narratif rigoureux, terriblement original et déconcertant frise par endroits la démonstration. Mais le pari est réussi, parce que le réalisateur parvient à donner un point de vue personnel sur l'histoire d'un homme et une femme, où ne subsiste, et cela résiste à toutes les interprétations et les analyses, que la sensation vertigineuse d'un coup de foudre sans cesse recommencé...

Thierry Van Wayenbergh

22:27 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Ciné-découvertes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

De passage sur votre blog pour vous faire part de ma réponse à votre commentaire sur le film INTO THE WILD. J'espère qu'elle aura le mérite d'éclaircir mon point de vue et vous fera mieux comprendre ma position peut-être exigeante sur le travail (de qualité) de Sean Penn.
A bientôt j'espère.

Écrit par : Wilyrah | 05/03/2008

Je dois dire que j'ai vu ce film à sa sortie en salle en France. Je me réjouissais de le voir car j'aime ce que fait Suzanne Bier. Christofer Boe, je ne connaissais pas. Je me rappelle d'un film prétentieux (eh oui) et je n'ai pas compris grand chose. En revanche, l'actrice principale a des yeux bleus superbes.

Écrit par : dasola | 05/03/2008

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