06/11/2007

Tuer Bill !

Kill Bill 28

Kill Bill : volume 1, Tarantino, ***

 Une petite chapelle au Texas est le théâtre d'une véritable boucherie. Neuf personnes sont étendues sur le sol, dans un alignement qui ressemble à un règlement de comptes. Parmi elles, celle que l'on appelle "La Mariée". Elle porte en elle l'enfant de l'assassin... et son cœur bat encore. Après quatre ans de coma, le temps de la vengeance est venu...

Après six ans d'absence, Tarantino sort un film en deux segments... et nul doute que Kill Bill, pour lequel il renoue avec ses manies de sale gamin provocateur, partagera d'un bon coup de sabre tranchant la critique en deux camps diamétralement opposés : les pour et les contre, pas de demi-mesure possible.

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Gageons aussi que pour l'extrême violence qu'il charrie, ce film fera office de brûlot, tout comme en son temps le controversé Tueurs-nés d'Oliver Stone. Il partage d'ailleurs avec ce dernier un goût prononcé pour l'humour noir de noir et une mise en images pas du tout politiquement corrects. Et il est vrai que certaines scènes sont difficiles à supporter. Qui a dit que Tarantino était un enfant de chœur ?

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Nonobstant cette mise en garde, il nous faut ici vous expliquer pourquoi nous avons rejoint sans réserve le clan des pour. Kill Bill, c'est le condensé de 35 ans d'un certain cinéma d'action qui allait donner l'envie à l'enfant Tarantino non pas de devenir pompier ou policier, mais réalisateur. Et ce beau diable parvient à faire coexister deux genres qui a priori n'ont rien à faire ensemble : les vieux films de karaté des années 70 et les western spaghetti à la sauce Sergio Leone. Mieux, il crée un univers cohérent, une espèce de dessin animé interprété par des gens bien réels, mais, c'est une habitude tarantinienne, sans grande épaisseur psychologique.

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Les références du film sont nombreuses, délectables pour les cinéphiles, tout autant que les scènes de baston pour les amateurs de sensations fortes... et drôles. Sa narration, éclatée en cinq chapitres est somptueuse, tout comme le recours au manga pour expliquer le passé tumultueux d'O-Ren Ishii, ou la scène de boucherie dans la Maison aux Fleurs Bleues, ponctuée par un combat aérien en ombres chinoises de toute beauté (depuis la robe blanche maculée de sang de Bonnie, il est un fait acquis que la violence est extrêmement cinématographique)... le tout porté par une bande son soignée aux petits oignons, elle aussi synthèse de "l'homme à l'harmonica" vengeur et de groupe électro japonais.

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Fou de ciné, Tarantino joue avec la pellicule, s'amuse comme un gosse, nous fait plaisir, passe au noir et blanc d'un seul clignement d'yeux de son héroïne, accumule les poncifs pour les élever au rang de chefs-d'œuvre du genre. Sa mise en scène est magistrale, inventive, à la limite de l'hystérie; le jeu d'Uma Thurman, fantastique en clone féminin du Bruce Lee du Jeu de la mort. Sa détermination et son insolente beauté sont de vrais souvenirs de cinéma.

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Fan, le réalisateur américain l'est jusqu'au bout de la pellicule, et parfois il confond citation-hommage et pillage, comme dans sa reprise quasi plan par plan de la dernière scène de Pulsions de De Palma.

Qu'à cela ne tienne, avec Kill Bill, Quentin Tarantino a voulu faire le film dont il a toujours rêvé... Et il y est parvenu.

 Thierry Van Wayenbergh in Les Fiches Belges du Cinéma, 2003

00:39 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tarantino, kill bill |  Facebook |

Commentaires

Kill Bill? Et pourquoi pas Fuck Milou tant qu'on y est!! Des titres pareils, moi ça me fout les Boule!

Écrit par : Jean Roba | 20/11/2007

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