01/08/2007

Mortelle randonnée

serrault 1

Magnifique Michel Serrault, que les intellectuels assis rangèrent plein de mépris au rang de farceur populaire, tu laisseras une trace indélébile dans mon âme d'enfant. Merci pour tout.

 

Je n' « aime pas le réel », comme l'ami Serrault. Alors je me suis évadé, pris mes claques et mes cliques quelque temps pour oublier la vraie vie...

Donc, oui, je suis "bien" rentré. Le séjour, beaucoup trop court, ne fut pas de longue durée. J'ai l'impression d'écrire du Poiret-Serrault, là.
Temps magnifique, on a traîné sur la Nationale 7 mythique, villages perchés mirifiques, ripaille pantagruélique, prix démocratiques (forcément, j'étais soigné aux petits oignons comme un fils unique) autochtones sympathiques... je suis dithyrambique...

Allez, voyage horrifique. Retour au quotidien terrifique (dans son sens antique, c'est à dire pas franchement comique). Problèmes de fric. Papa qui évite d'un cheveu la clinique. Maman nostalgique d'un temps qu'a foutu l'camp.  L'ami Serrault nous fait la nique pour un « bon » Dieu décidément très cynique : Bergman, Antonioni... suite logique d'une nouvelle oeuvre au noir cinématographique ? Permettez, je tique !

 

Michel, comme Mocky - je suis du même signe d'ailleurs - je n'ai jamais eu l'humeur biblique. Bref, pas très catholique. Je n'entrerai pas dans ta basilique, demain à Honfleur. Accepte seulement que je lève à ta santé, puisque tu as décidé d'aller faire l'amuseur publique là-haut, mon verre de gueuze lambic !

 

Ah ? Tu espérais peut-être un panégyrique ? Désolé, je trouve ça plutôt pathétique. Puis, les yeux mouillés, ce n'est pas très pratique.

 

Dire que dans la vie véridique, j'étais persuadé que tu allais nous faire le coup du Martinet, et enterrer tous les fades et les fats que tu détestais autant que nous...

 

Saloperie d'espoir chimérique !

 

Saloperie de vie !

 

Thierry V.W.

11:32 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Tableau noir | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Sale temps... Aprés Noiret, l'immense Serrault s'en va...
Une année funeste pour le cinéma français, qui ne voit toujours pas de relève arriver...

Écrit par : Emmanuel Rousselet | 01/08/2007

On peut dire "sale temps " pour le cinéma tout court, cher Emmanuel...
Même si, comme je l'écrivais à Sandrine, toutes mes larmes vont vers Monsieur Martinet, nous perdons deux immenses passeurs de savoir avec Antonioni et Bergman.

Écrit par : thierry | 02/08/2007

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