30/05/2007

 Ménage à Troie

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Troie, aventures, 2004, Ados, ***

1193 avant notre ère. Pâris, jeune prince de la cité troyenne, enlève la belle Hélène à son mari Ménélas, roi de Sparte, et l'infortuné a juré de se venger avec l'aide de son frère, l'ambitieux Agamemnon. C’est le début du siège de Troie par les Grecs, conduits par Achille, un guerrier hors du commun. 

Wolfgang Petersen se lance dans l'adaptation ‘’cinémégalomaniaque’’ du poème épique d'Homère, L'Illiade.

Aux commandes d'une superproduction gonflée d'effets spéciaux numériques et d'une armada des plus grandes stars de la planète, en tête desquelles Brad Pitt en héros invincible aux pectos retaillés pour la cause, le réalisateur allemand avait tout pour faire peur.

Le film commence d'ailleurs sur une confrontation pleine d'esbroufe entre les deux meilleurs guerriers des armées mycénienne et achéenne prêtes à en découdre. Puis vient le débarquement sur les plages de Troie, filmé avec un hommage appuyé au Soldat Ryan de Spielberg.

La musique emphatique traîne dans les sillons de Gladiator, les premières échauffourées aux pieds de la ville fortifiée calquent, mais en pleine lumière, les batailles rangées du Seigneur des Anneaux. Pas de doute, Petersen surfe en terrain connu et sait qu’il emprunte les voies balisées du succès de masse.

Mais plus le film avance, plus il interroge l'âme de ces soldats enserrés dans des cuirasses épaisses et abandonnés aux ordres, comme le dit Ulysse, de « grands qui palabrent ».
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 Même le redoutable Achille commence à douter de son destin face à la beauté du monde, quand elle a les traits de l'émouvante Briséis. C'est la revanche des acteurs sur le cher effet spécial, lors de scènes sublimes, comme le face-à-face entre Achille et Priam. On en vient à se réjouir de certains trucages un peu trop visibles, comme s'ils avaient été sciemment commis pour laisser éclater l'humain, beau jusque dans sa lâcheté.

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Se servant d'une grande histoire guerrière et meurtrière que son brillant scénariste malmène mais sans jamais l'édulcorer,  Petersen et ses magnifiques acteurs signent un manifeste vibrant et pas un instant naïf sur l'Homme, une belle tragédie épique leanienne, entre intime et grandiose, dont on ne peut s'empêcher d'entendre résonner l'écho sur les champs de bataille contemporains.

 

Thierry Van Wayenbergh

 

01:21 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Les Blocks qui comptent | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je l'ai vu en DVD il y a quelques mois. C'est juste un conseil mais mieux relire (ou lire) l'Iliade d'Homère. Ce film n'est vraiment pas terrible. C'est très américain et un peu ridicule. Le casting n'y change rien. Brad Pitt n'est pas crédible une minute.

Écrit par : dasola | 11/03/2008

J'entends bien, mais je l'ai précisé d'entrée de jeu : adaptation "cinémégalomaniaque". En effet, Petersen ne sert ni Homère, ni ceux qui devraient le lire et/ou le relire... Mais je soutiens mordicus, après l'avoir revu, qu'il s'agit là d'un grand film sur la vanité des hommes et les désastres causés par leur testostérone. Revois-le, il est plus fin que son côté "bling-bling" ne le laisse augurer. By the way, merci pour tes commentaires.

Écrit par : Thierry | 12/03/2008

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