13/04/2007

 Conte maori

Paï3Whale Rider, conte, 2003, tous ***

Une légende maori dit que Païkea a voyagé sur le dos d'une baleine et a fondé son peuple sur les côtes de Nouvelle-Zélande. Depuis ces temps reculés, la tradition veut que le premier-né mâle de la lignée devienne le chef de la tribu. Et puis un jour, il n'y a pas si longtemps, la femme du chef est morte en couches, emportant avec elle un de ses jumeaux. Et Paï est née. C'était la fille...

 

Paï a traversé les océans pour venir nous raconter une légende. La légende de son peuple, les Maoris. L'histoire d'une adolescente que des circonstances particulières (la mort de son frère jumeau) ont posée comme descendante directe du premier chef de cette ethnie déjà évoquée au cinéma dans Once were warrior.

 

Dans le monde plein de vacarme brutal du roi divertissement qui nous picore l'imaginaire au lieu de le nourrir, Whale rider apparaît comme une bouffée d'air inespérée. Et nous redonne une part du "nous-mêmes" aspirée par des vampires mercantiles.

 

De son côté, loin de se faire le porte-drapeau du "bon sauvage", la réalisatrice nous montre que les mentalités sont étriquées, où que l'on niche sur le Globe. Ainsi, Paï est-elle confrontée au poids de la coutume (seuls les mâles peuvent prétendre à l'enseignement des guerriers maoris) et l'intransigeance d'un grand-père refusant l'évidence, mais qu'elle aime par-dessus tout. À son propre peuple aussi, qui, à l'image d'une jeunesse déboussolée se gaussant des légendes du passé, subit les dérives du monde "global".Tiraillée entre un père séduit par les sirènes du monde moderne et un grand-père assis jusqu'au dérisoire sur la tradition.

Paï1

 

Sa force, son courage, son abnégation exemplaires, imprégnés avec pudeur et détermination sur le visage d'un formidable petit bout d'actrice, nous entraînent bien au-delà de la "visite ethnologique" d'une tribu patriarcale secouée par l'exceptionnelle volonté d'une fillette.

 

Whale rider est un magnifique film universel qui, à l'aide de doux ressacs poétiques, nous entraîne au centre de nous-mêmes. Et nous montre combien il est important de nous rappeler de notre histoire.

 

Thierry Van Wayenbergh

 

                                                                               

14:43 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Ados ration | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.