28/03/2007

 De mère, las

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Ma Mère, drame, 2004, -16 ans,

 

Pierre, 17 ans, rejoint ses parents dans leur demeure en bord de mer, aux îles Canaries. Après la mort brutale de son père, c'est le choc. Pour que Pierre cesse de la déifier et parce qu'elle dit ne pas mériter son amour, la mère décide de révéler sa vraie nature à son fils. Celle d'une femme immorale, jusqu'au-boutiste dans sa perversion sexuelle.

 

L’écrivain-réalisateur Christophe Honoré adapte un roman inachevé et sulfureux de Georges Bataille, dont le thème central est hautement casse-gueule. Mais il a trouvé la parade : faire tout pour ne pas choquer. Il a donc transposé l'histoire loin de chez nous et demandé à ses acteurs d'être les plus distanciés possible.

 

Ils se sont si bien prêtés au jeu que son sujet a glissé entre les doigts du réalisateur français. Ne subsiste du brûlot incestueux de Bataille qu'une série de vignettes nombrilistes de Parisiens des beaux quartiers trompant leur ennui autour de la piscine d'une villa luxueuse ou glissant les mains sous les jupes dans une ville moite abandonnée au stupre des vacanciers de passage.

 

Tronche boudeuse de "T'en veux une ?", mèche rebelle mais petit bourgeois au fond de sa chair exhibée, Louis Garrel, le fils de son père, excelle à ce jeu de la pose maniérée.

 

Honoré balade une caméra tremblante qui donne le mal de mer, lors qu'on attendait un puissant mal de mère. Ses images ne sont pas provocantes. Elles dérangent simplement par leur incongruité et leur prétention avachie. Amenées avec la finesse d'un rouleau compresseur, les scènes de sexe bandent mou, parce qu'il aborde un sujet scabreux et foutrement intéressant avec le regard oblique d'un catéchumène se voulant « auteurisant ».

 

Pourtant, il y a bien ces scènes de domination-soumission, de masturbation à la lisière de l'inceste... mais jouées sans y toucher par une Isabelle Huppert en reine glaciale des nuits chaudes qui observe son "œuvre" du haut de son piédestal d'actrice intouchable. Ses beaux grains de beauté de belle rouquine alignés comme des soldats obéissants sous des dessous de soie trop propres. Faussement inspirée, et véritablement irritante. À l'image d'un film qui suinte de partout l'artificialité et fait certes transpirer le spectateur, mais c'est à force de se tortiller d'ennui dans son fauteuil.

 

Th. V.W.

19:13 Écrit par Thierry Van Wayenbergh dans Ciné-découvertes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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